Les orgues de  Paris
ORGUES DE PARIS © 2026 Vincent Hildebrandt ACCUEIL LES ORGUES

Nogent-sur-Seine

Pavillon Baltard

12 Av. Victor Hugo, 94130 Nogent-sur-Marne
Au milieu du XIXè siècle l’Empereur Napoléon III n’aime pas le lourd pavillon de pierre que l’architecte Victor Baltard a conçu pour les premières Halles de Paris et que les Parisiens surnomment déjà « Le Fort des Halles ». Baltard imagine alors de nouveaux bâtiments, utilisant le fer, la fonte et le verre, dans un esprit résolument novateur. Le projet, moderne et audacieux, enthousiasme l’Empereur et les Halles de Paris vont susciter l’admiration générale. Selon Gustave Eiffel, Baltard ouvre Paris au XXème siècle, Verlaine parle des dentelles de Vulcain… Devenue rapidement célèbre, cette architecture sera maintes fois copiée. Cet ensemble de dix pavillons abritait entre autres, des maraîchers, poissonniers, bouchers… Il a été réalisé entre 1852 et 1870 par l’architecte qui meurt en 1874, quatre ans après que le dixième pavillon ait été érigé. Mais en 1972, le marché parisien doit s’agrandir, et il quitte ces pavillons que les pouvoirs publics décident de détruire, provoquant de vives contestations. C’est ainsi que le Pavillon n°8, qui hébergeait le marché des œufs et de la volaille, fût conservé afin de sauvegarder un témoignage unique de la première architecture métallique. Nogent-sur-Marne, aux portes de la capitale, sera choisie pour sa réinstallation. Le 6 Janvier 1976 la première colonne de fonte du Pavillon Baltard sera posée sur le site de Beauté, là où avait été construit autrefois le château de Charles V. Il sera classé Monument Historique en 1982. Le Pavillon Baltard est devenu aujourd’hui un lieu incontournable de l’événementiel dans la région parisienne. Source
Le célèbre Orgue Christie, installé aujourd’hui au Pavillon Baltard, a été conçu à l’origine pour le cinéma parisien, le Gaumont-Palace de Paris (Place Clichy). En 1900, ce bâtiment est un hippodrome qui accueille des spectacles de cirque ou de grandes reconstitutions historiques. Cet édifice ne devient réellement un cinéma qu’avec son achat par Léon Gaumont en 1910. Celui-ci adapte le lieu et l’agrandira en 1930 pour en faire une salle Art Déco de 6 000 places, il devient alors le plus grand cinéma du monde. L'orgue Christie est installé en 1931, il est réalisé par les ateliers Hill Norman and Beard à Londres (dont la branche orgue de cinéma est baptisée “Christie”, du nom du propriétaire de la manufacture, John Christie). Vers 1969/1970, l'orgue est dépoussiéré et légèrement modifié par l'organier Jacques Probst, sous la supervision de l'organiste Gilbert Le Roy, afin de se rapprocher de l'harmonie des orgues de cinéma Wurlitzer (grossissement du jeu de Tibia par décalage, modification de la vitesse des trémolos, modification de l'attaque des jeux de percussion). En 1971, la fermeture du Gaumont-Palace est annoncée, elle prend effet en 1972. La salle de cinéma est alors détruite et l’orgue aurait pu subir le même sort sans l’intervention d’Alain Villain. Responsable des éditions musicales STIL et cinéaste, Alain Villain est tombé amoureux de l’orgue du Gaumont- Palace dont il n’imagine pas la disparition. Avant la démolition, il y enregistre un disque et un court-métrage, avec Tommy Desserre aux claviers. Le démontage de l'instrument aura lieu quelques jours avant le début de démolition de la salle, avec l'aide de Jacques Probst et d'ouvriers couvreurs.  L'orgue est entreposé dans les locaux des services des archives du film à Bois-d’Arcy dans l’attente de lui donner une nouvelle vie. Mais au bout de quelques années, devant faire face à l'indifférence complète du monde de l'orgue, ainsi que celui du cinéma, Alain Villain se résout finalement à vendre l'orgue aux enchères en 1976, chez Drouot Rive Gauche. Dans la précipitation, le matin même de la vente, l’instrument est mis en instance de classement au titre de Monuments Historiques pour éviter qu’il ne quitte le territoire français. Il est finalement classé en 1977. L’orgue est acheté par la Ville de Nogent-sur-Marne, grâce l'action du maire de l'époque, Roland Nungesser. L’orgue est restauré et remonté avec de nombreuses erreurs entre 1978 et 1980 au Pavillon Baltard (unique rescapé des Halles de Paris détruite en 1971) par la manufacture Danion- Gonzalez et inauguré en 1980 par Simone Bernard et Gilbert Le Roy (anciens organistes du Gaumont-Palace), avec la participation de Pierre Cochereau. Bernard Dargassies (qui avait participé aux travaux de remontage), devient l'organiste résident à partir 1985, il mènera divers campagnes de travaux et améliorations, afin de corriger les erreurs commises lors du remontage de 1980 ainsi qu'en 1970, permettant ainsi à l'instrument de se rapprocher au maximum de son état d'origine. Afin d'apporter plus de force et de précision d'attaque, Bernard Dargassies ajoute un jeu d'anche de Post Horn, ces travaux seront entièrement financé par lui-même. A partir de 2005, l'instrument sera négligé puis totalement abandonné, sans aucun entretien. Une période de mutisme qui durera presque 15 ans, sans que l'accès à l'instrument soit possible. Il faudra attendre l'année 2019, pour que l'instrument puisse être très sporadiquement utilisé et entretenu. L'instrument, bien que jouable, se trouve aujourd'hui dans un état extrêmement alarmant et attends une restauration complète. Un grand merci à Eric Cordé pour ces informations complémentaires. Plus d’informations Vidéo L'orgue de cinéma Christie du Gaumont Palace au Pavillon Baltard Bruno Lhuissier.
1931 - Hill, Norman and Beard/Christie 1970 - Jacques Probst 1980 - Danion-Gonzalez 1980-2005 - Bernard Dargassies

IV/130 (15) - traction électrique

composition
L’instrument est signé Christie, branche Theatre organs de William Hill & Son – Norman & Beard Ltd. (Norwich, Norfolk), deux manufactures anglaises « traditionnelles » et de renom qui avaient fusionné en 1916. Assez peu modifié durant sa courte existence (une réharmonisation s’imposait car il était sous- dimensionné par rapport à la grande salle), il est augmenté d'un rang (Post-Horn en remplacement de l’ancienne chamade) par Bernard Dargassies, mais perdra son système électromécanique d’origine, par manque de place au Pavillon, au profit d'un combinateur électronique et d’une transmission Solid State. Caractéristique des orgues de théâtre et de cinéma, le système unit organ permet de démultiplier les jeux à partir d’une même série de tuyaux : les quatorze jeux d’origine de l’orgue du Gaumont-Palace, avec octaves grave et aiguë réelles pour un total de 1500 tuyaux, se traduisent à la console par quelque 140 jeux sur quatre claviers et pédale. Cet univers instrumental alors inconnu chez nous, Tommy Desserre l’avait découvert à New York dès 1928. Les sonorités traditionnelles de cette facture sont, côté jeux de fonds, le Diapason, le Tibia ou les Strings (avec l’indispensable trémolo), côté anches les Hautbois, Trompette, Saxophone, Voix humaine, Trombone ou Clarinette – batterie complétée en 1991 par un Post horn offert par Bernard Dargassies. Parmi les accessoires de bruitage : sirène, klaxons de voiture et de camion, sifflets de bateau, de police et de train, bruits de la mer (avec les boîtes expressives), cloche de pompier, aéroplane, oiseaux, sonnerie de téléphone, vaisselle cassée (ce jeu serait le seul conservé au monde)… S’y ajoutent des jeux de percussions tonales : Glockenspiel, Marimba, Xylophone, Vibraphone, Célesta, et non tonales : Grosse caisse, Cymbale, Caisse claire, Triangle, Wood-block, Tambourin, Tom- tom (Tom-drum, volé il y a une dizaine d’années), Castagnettes, Grelots… Source: Orgues Nouvelles/Michel Roubinet Vidéos Eric Cordé
Ena Baga                                            George Blackmore     Reginald Porter-Brown                    Reginald Foot Les grands organistes de cinéma Tommy Desserre (ci-dessus) et de Gilbert Le Roy (ci-dessous) à l'orgue lorsqu'il était au Gaumont-Palace Bernard Dargassies au pavillon Baltard (1985)
Les orgues de Paris

Nogent-sur-Seine

Pavillon Baltard

12 Av. Victor Hugo, 94130 Nogent-sur-Marne
ORGUES DE PARIS © 2026 Vincent Hildebrandt
Le célèbre Orgue Christie, installé aujourd’hui au Pavillon Baltard, a été conçu à l’origine pour le cinéma parisien, le Gaumont-Palace de Paris (Place Clichy). En 1900, ce bâtiment est un hippodrome qui accueille des spectacles de cirque ou de grandes reconstitutions historiques. Cet édifice ne devient réellement un cinéma qu’avec son achat par Léon Gaumont en 1910. Celui-ci adapte le lieu et l’agrandira en 1930 pour en faire une salle Art Déco de 6 000 places, il devient alors le plus grand cinéma du monde. L'orgue Christie est installé en 1931, il est réalisé par les ateliers Hill Norman and Beard à Londres (dont la branche orgue de cinéma est baptisée “Christie”, du nom du propriétaire de la manufacture, John Christie). Vers 1969/1970, l'orgue est dépoussiéré et légèrement modifié par l'organier Jacques Probst, sous la supervision de l'organiste Gilbert Le Roy, afin de se rapprocher de l'harmonie des orgues de cinéma Wurlitzer (grossissement du jeu de Tibia par décalage, modification de la vitesse des trémolos, modification de l'attaque des jeux de percussion). En 1971, la fermeture du Gaumont-Palace est annoncée, elle prend effet en 1972. La salle de cinéma est alors détruite et l’orgue aurait pu subir le même sort sans l’intervention d’Alain Villain. Responsable des éditions musicales STIL et cinéaste, Alain Villain est tombé amoureux de l’orgue du Gaumont-Palace dont il n’imagine pas la disparition. Avant la démolition, il y enregistre un disque et un court-métrage, avec Tommy Desserre aux claviers. Le démontage de l'instrument aura lieu quelques jours avant le début de démolition de la salle, avec l'aide de Jacques Probst et d'ouvriers couvreurs.  L'orgue est entreposé dans les locaux des services des archives du film à Bois-d’Arcy dans l’attente de lui donner une nouvelle vie. Mais au bout de quelques années, devant faire face à l'indifférence complète du monde de l'orgue, ainsi que celui du cinéma, Alain Villain se résout finalement à vendre l'orgue aux enchères en 1976, chez Drouot Rive Gauche. Dans la précipitation, le matin même de la vente, l’instrument est mis en instance de classement au titre de Monuments Historiques pour éviter qu’il ne quitte le territoire français. Il est finalement classé en 1977. L’orgue est acheté par la Ville de Nogent-sur-Marne, grâce l'action du maire de l'époque, Roland Nungesser. L’orgue est restauré et remonté avec de nombreuses erreurs entre 1978 et 1980 au Pavillon Baltard (unique rescapé des Halles de Paris détruite en 1971) par la manufacture Danion-Gonzalez et inauguré en 1980 par Simone Bernard et Gilbert Le Roy (anciens organistes du Gaumont-Palace), avec la participation de Pierre Cochereau. Bernard Dargassies (qui avait participé aux travaux de remontage), devient l'organiste résident à partir 1985, il mènera divers campagnes de travaux et améliorations, afin de corriger les erreurs commises lors du remontage de 1980 ainsi qu'en 1970, permettant ainsi à l'instrument de se rapprocher au maximum de son état d'origine. Afin d'apporter plus de force et de précision d'attaque, Bernard Dargassies ajoute un jeu d'anche de Post Horn, ces travaux seront entièrement financé par lui-même. A partir de 2005, l'instrument sera négligé puis totalement abandonné, sans aucun entretien. Une période de mutisme qui durera presque 15 ans, sans que l'accès à l'instrument soit possible. Il faudra attendre l'année 2019, pour que l'instrument puisse être très sporadiquement utilisé et entretenu. L'instrument, bien que jouable, se trouve aujourd'hui dans un état extrêmement alarmant et attends une restauration complète. Un grand merci à Eric Cordé pour ces informations complémentaires. Plus d’informations Vidéo L'orgue de cinéma Christie du Gaumont Palace au Pavillon Baltard Bruno Lhuissier.
1931 - Hill, Norman and Beard/Christie 1970 - Jacques Probst 1980 - Danion-Gonzalez 1980-2005 - Bernard Dargassies

IV/130 (15) - traction électrique

composition
L’instrument est signé Christie, branche Theatre organs de William Hill & Son – Norman & Beard Ltd. (Norwich, Norfolk), deux manufactures anglaises « traditionnelles » et de renom qui avaient fusionné en 1916. Assez peu modifié durant sa courte existence (une réharmonisation s’imposait car il était sous-dimensionné par rapport à la grande salle), il est augmenté d'un rang (Post- Horn en remplacement de l’ancienne chamade) par Bernard Dargassies, mais perdra son système électromécanique d’origine, par manque de place au Pavillon, au profit d'un combinateur électronique et d’une transmission Solid State. Caractéristique des orgues de théâtre et de cinéma, le système unit organ permet de démultiplier les jeux à partir d’une même série de tuyaux : les quatorze jeux d’origine de l’orgue du Gaumont-Palace, avec octaves grave et aiguë réelles pour un total de 1500 tuyaux, se traduisent à la console par quelque 140 jeux sur quatre claviers et pédale. Cet univers instrumental alors inconnu chez nous, Tommy Desserre l’avait découvert à New York dès 1928. Les sonorités traditionnelles de cette facture sont, côté jeux de fonds, le Diapason, le Tibia ou les Strings (avec l’indispensable trémolo), côté anches les Hautbois, Trompette, Saxophone, Voix humaine, Trombone ou Clarinette – batterie complétée en 1991 par un Post horn offert par Bernard Dargassies. Parmi les accessoires de bruitage : sirène, klaxons de voiture et de camion, sifflets de bateau, de police et de train, bruits de la mer (avec les boîtes expressives), cloche de pompier, aéroplane, oiseaux, sonnerie de téléphone, vaisselle cassée (ce jeu serait le seul conservé au monde)… S’y ajoutent des jeux de percussions tonales : Glockenspiel, Marimba, Xylophone, Vibraphone, Célesta, et non tonales : Grosse caisse, Cymbale, Caisse claire, Triangle, Wood-block, Tambourin, Tom-tom (Tom-drum, volé il y a une dizaine d’années), Castagnettes, Grelots… Source: Orgues Nouvelles/Michel Roubinet Vidéos Eric Cordé